KARIM DUVAL

A une semaine du départ pour sa tournée en Asie, nous avons posé quelques questions à Karim Duval

 
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SPOTLIME: Ta venue en mai sera-t-elle ta première fois en Asie ?

Karim Duval: En tant qu’humoriste oui. En tant que “civil”, non: j’ai fait un stage à Pékin pendant mes études.  Et surtout, c’est sur l’île de Cheju en Corée du Sud, alors que j’étais en déplacement professionnel en tant qu’ingénieur, qu’un collègue m’a parlé de “cours de one man show”... Ca ne m’a pas laissé indifférent. Et me voilà, 10 ans plus tard, en tournée en Asie.

C’est donc sur ce continent que tout a commencé !

 

S: Tu joueras à Shanghai, Pékin, Hong Kong et Bangkok. Quelle image as-tu de ces villes?

KD: “Shanghai c’est grand.”

“Pékin c’est grand.”

“Hong Kong c’est grand.”

“Bangkok c’est grand.”

C’est très simpliste comme vision, je sais. Mais c’est vraiment la première impression qui me vient à l’esprit lorsqu’on me parle de ces villes: la grandeur. Comme si on basculait dans une autre dimension en termes d’urbanisme. Et c’est un peu vrai; déjà en 2002 à Pékin, je m’étais fait la réflexion : il y a presque autant d’habitants à Pékin que dans le Maroc tout entier !

Pour Shanghai et Hong Kong, cela reste un fantasme puisque je n’y suis jamais allé. J’ai l’image des gratte-ciel, une activité très intense, mais sur un fond de tranquillité apparente chez les gens malgré l’agitation.

Bref, il est temps que je visite ces petits villages pour casser tous ces préjugés!

Sinon, je vois un point commun entre Bangkok et le Maroc: la circulation. Il paraît que l’on éprouve les mêmes sensations fortes en voiture…

 

S: Ta mère est Chinoise. Quels liens entretiens tu avec ce pays ?

KD: Ma mère est Chinoise, mais issue de la diaspora. Ses grands-parents sont allés faire leur vie à Tahiti, où elle a grandi. Donc pour être honnête, à part ce que j’ai découvert pendant ce stage à Pékin en 2002, mes liens et ma vision de la Chine doivent frôler les clichés que l’on se fait du pays, nous autres Occidentaux.

Ma mère n’a pas pu nous transmettre la langue (le dialecte Haka) mais elle nous a tout de même transmis ce qui rattachait déjà sa famille d’émigrés chinois à leur pays d’origine: la bouffe ! Je suis un grand fan de cuisine chinoise, et prépare même quelques plats. Enfin, je fais mariner de la viande dans de la sauce soja “Suziwan”, quoi.

Après, il y a probablement ce “je ne sais quoi” venu de Chine. Dans l’attitude. Et un peu le physique si on regarde bien.

 

S: Quelles sont tes attentes en venant jouer ton spectacle en Asie? Et quel objectif souhaites-tu remplir ?

KD: Lorsque je voyage, je n’ai généralement aucune attente, car c’est la meilleure manière d’être déçu de son séjour. Surtout que mes passages dans chaque ville vont durer entre 24 et 72 heures: va remplir un objectif dans ces délais ! Je vais me laisser porter par les événements et ce qui se présentera à moi, et vivre tout ceci à fond.

Après, mon attente sur scène est la même que partout: j’espère faire rire le public que j’aurai en face de moi, passer et faire passer un moment unique à tout le monde. Et ça, ça passe par quelques vannes “sur mesure”, locales. C’est ce que j’ai fait (et préféré) toutes les fois où j’ai joué hors métropole: en Nouvelle Calédonie, en Suisse, au Maroc, à Londres, ou encore Montréal...

 

S: Y-a- t-il des choses que tu redoutes ?

KD: Très honnêtement, non. Il y a quand même pire que visiter 4 des plus grandes villes d’Asie, avec un objectif quotidien: faire marrer les gens. C’est vraiment très difficile de flipper à cette idée.

Ah si… je redoute déjà le retour en France fin mai: Roland Garros, Cannes, les premiers barbecs… Dur.

 

S: Comment imagines-tu la vie des français ici ?

KD: Pareil. J’essaie de ne pas trop imaginer, même si on nous martèle toujours une idée (certainement faussée) de la “vie d’expat”: plein de thunes, à vouloir vivre intensément leur expérience à l’étranger et flippés de la tourista. J’espère vraiment progresser dans ma vision des choses, et que mon expérience me fera dire le contraire (surtout sur le dernier point).

 

S: Comment se présente le reste de l’année pour toi après la tournée?

KD: Je suis en pleine création/rodage de mon nouveau spectacle: “Y”. D’ailleurs, c’est mon premier spectacle, “Melting Pot”, qui est annoncé pour cette tournée en Asie; mais je jouerai en fait un mix des deux, avec une bonne dose du nouveau parce que les représentations se dérouleront pour la plupart en mode “stand-up” (une micro pour te faire entendre, une ampoule pour t’éclairer et basta). Et “Y” se prête beaucoup mieux à ce format-là… et devrait pas mal parler au public: il s’agit de génération Y, donc de gens qui changent de vie, qui veulent profiter, voyager, vivre plein d’expériences… la “vie d’expat”, quoi !

Bref. Rodage de “Y”, plus de vidéos drôles sur Youtube autour de l’entrepreneuriat et de la génération Y, et pas mal d’activités annexes avec ma boîte… qui propose aux entreprises de communiquer par le biais de l’humour.

2018 devrait s’achever comme elle a commencé: par du rire !